22/09/2017
Fa1con74

Tract National

La prévention des effets des fumées sur la santé des sapeurs pompiers en France

CNRACL-Rapport-juin-2016 1

Ce rapport, dans cette version préliminaire, rend compte d’un effort d’état des connaissances et des pratiques sur le sujet de l’exposition des sapeurs-pompiers aux fumées et aux produits dégagés lors des incendies. Il soumet à débat et à la décision quelques préconisations visant une amélioration de la protection des agents dans l’exercice de leurs métiers. Il envisage dans la dynamique partenariale ainsi permise des pistes de prolongement de ce travail préliminaire.

Celui-ci répond à une initiative et une commande des administrateurs du conseil d’administration CA de la CNRACL.

Les sapeurs-pompiers relèvent d’un service public d’intervention qui veille sur la sécurité de nos concitoyens, souvent sollicités en de multiples circonstances, difficiles ou dramatiques. On oublie souvent qu’ils sont de ce fait, eux aussi, exposés à différents risques. Leur vie et leur santé pour la sauvegarde de celles des autres, sont de ce fait menacés et nécessitent l’attention de tous, la leur comme celle de tous les responsables concernés, dont le FNP assure une partie des missions.

Lors des incendies (feux de locaux, de voiture, de matériaux, de végétaux…) ils sont exposés à la chaleur et en particulier à des fumées. C’est cette dernière exposition qui est investiguée dans ce travail. Les expositions potentielles des sapeurs-pompiers peuvent être diverses et variables en fonction des différentes phases d’intervention, des postes de travail et des zones d’interventions. C’est donc au cours de l’attaque du feu mais aussi l’après intervention que l’on peut rencontrer des situations d’expositions.

L’inhalation de fumée est la cause principale de morbidité et de mortalité immédiates chez les victimes d’incendie, avec des effets immédiats, d’autres plus à long terme, quand ce n’est pas les deux effets conjugués.

Les gaz asphyxiants ou toxiques sont capables de provoquer une atteinte des voies respiratoires conduisant à la mort quasi certaine des personnes qui les auront respirés, victimes directes et indirectes, parmi lesquelles se trouvent les sapeurs pompiers, volontaires et professionnels. Gaz, particules, poussières et fibres peuvent provoquer des intoxications aigues, des intoxications chroniques et des effets cancérogènes.

Outre les intoxications aigues, on relève, en particulier 3 grands effets, souvent manifestes après bien des années : troubles et maladies cardio-vasculaires, cancers, et des pneumopathies. Les études épidémiologiques consultées montrent des excès modérés mais significatifs de cancers pour un nombre important de parties du corps avec des divergences selon les différentes études.

Les divergences d’organes atteints et de mesures peuvent s’expliquer par le caractère modéré, mais réel, des excès : selon les études, les excès pour certains organes sont statistiquement significatifs ou à la limite de la significativité. D’où l’importance de pouvoir disposer d’études et de cohortes nationales et internationales Pour les cancers, dont on sait la sévérité, on signalera une prévalence avérée des lymphomes non Hodgkiniens, des cancers de la vessie et des cancers des reins. Celle-ci est liée à une exposition chronique aux produits aromatiques mono- et polynucléaires (principalement Benzène, toluène, xylène, styrène pour les mono et les HAP pour les polycycliques).

Des cancers de la plèvre (Mésothéliomes), témoignent des conséquences de l’inhalation des fibres. On peut donc dire que les sapeurs-pompiers sont potentiellement, et pratiquement, exposés à un certain nombre de cancérogènes. Mais ccontrairement à une idée reçue, ces gaz asphyxiants et/ou toxiques ne sont pas très nombreux, et sont, pour la plupart, connus et évitables.

D’où l’importance de la connaissance partagée, de la formation et de la prévention. « On a quelques données, des éléments de connaissance et d’autres pas assez déblayés. Ce sont des clignotants d’alerte. Il faut concentrer nos efforts et recommandations sur les plus exposés (les formateurs par exemple), les phases les plus sensibles (déblais par exemple), la contamination dont celle à travers les tenues. Pour la dimension économique (prix des tenues, investissements …), on peut réfléchir aux approches de mutualisations et pas seulement aux équipements individuels. » 2 [ P Blais].

Plutôt qu’une énumération de préconisations, des stratégies réalistes et de la cohérence dans les mesures préventives, organisationnelles et économiques sont avancées et soumises à qui de droit.