7/11/2017
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Surmortalité des pompiers: Un «sas» de décontamination bientôt en place dans les casernes de Paris

Près de 2,5 millions d’appels annuels, quelque 500.000 interventions, dont 14.000 concernent des incendies. Et 8.600 hommes prêts à intervenir aux quatre coins de Paris et de la petite couronne. Ce lundi, la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris - le plus grand corps de sapeur-pompier en Europe et le troisième au monde, derrière New York et Tokyo - fêtait son 206e anniversaire dans la cour des Invalides. « Vous êtes un élément clé de la sécurité et de la sérénité de la nation », a salué la ministre des Armées, Florence Parly, qui a insisté sur la « capacité d’adaptation » de la brigade face aux nouveaux risques, notamment terroriste.

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« Nous ne connaissons pas les conséquences sur la santé de ce type de matériaux »

Hasard du calendrier, l’anniversaire de la BSPP intervient moins d’une semaine après la publication d’un rapport* sur la surmortalité par cancer des pompiers. Selon les données recueillies, les fumées toxiques auxquelles sont exposées les soldats du feu lors des incendies favoriseraient l’apparition de cancers des poumons, de la gorge, de la trachée ou encore du larynx. Le ministre de l’Intérieur a saisi son homologue de la Santé pour que puissent être réalisées des expertises médicales et scientifiques.

« Même si nous n’avons pas constaté au sein de nos effectifs la surmortalité évoquée dans ce rapport, nous ne pouvons pas nous permettre le moindre doute sur le sujet », assure le général Jean-Claude Gallet, qui vient de prendre la tête de la brigade. Et de préciser : « Les matériaux de construction évoluent, les revêtements, colles et autres ne sont plus les mêmes et nous ne connaissons pas leurs conséquences sur la santé lorsqu’ils sont détruits par le feu. »

En mars,la BSPP avait annoncé le remplacement progressif des tenues. Meilleure résistance à la chaleur, revêtement extérieur sans aspérité, couleur vive afin d’être aperçu de loin… Dès l’année prochaine, les casernes de Paris et de la petite couronne seront également équipées de sas de décontamination. « C’est une sorte de soufflerie qui permettra d’évacuer les suies potentiellement toxiques », précise le général. En 2016, quelque 350 pompiers ont été blessés en intervention. Aucun décès n’est, en revanche, à déplorer depuis 2015.

Quatre appels abusifs sur cinq

Autre chantier en cours : la lutte contre les appels abusifs. Sur les 2,5 millions d’appels reçus chaque année, seul un sur cinq nécessite une intervention. Malgré de multiples campagnes de prévention, les appels pour des soucis de santé ne revêtant aucun caractère urgent mais également pour des animaux domestiques perdus ou coincés sur un toit, pour des problèmes de voisinage voire de serrurerie restent constants.

« Les Parisiens ont pris la mauvaise habitude de se tourner vers les pompiers au moindre souci, même lorsque cela n’a rien à voir avec nos prérogatives », déplore le général. Certains éléments factuels, notamment la difficulté de prendre rendez-vous chez le médecin, peuvent expliquer ces appels intempestifs mais les mauvaises habitudes ont la vie dure.

 

* Rapport commandé par la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales (CNRACL)